Société Historique Sartigan
dimanche 08:00

Le mémorable Café Paris d'autrefois Avez-vous connu l'époque où on pouvait savourer une «patate, sauce, pois» pour 25c ? Accompagnée d'une liqueur pour 15c ? Et si vous aviez un p'tit goût de sucré, pourquoi pas ajouter un «flotteur» aussi appelé «ilot sur Coke», soit une boule de crème glacée dans un verre de Coke pour 20c ? Ces items étaient disponibles au Café Paris. C'était le coût de la vie il y a 60 ans. Notre bon ami Claude Loubier, grand collectionneur de photos anciennes de Saint-Georges, nous a fourni cette superbe photo couleur de la 2e avenue prise lors d'une journée d'été ensoleillée, nous rappelant le beau souvenir de cette époque. Vous rappeliez-vous qu'il y a eu pendant 3 ou 4 ans un kiosque de crème glacée molle qui vendait aussi de la barbe à papa dans l'immeuble voisin (côté nord), qu'on voit bien si on agrandit la photo. Cette crèmerie s'installa à cet endroit après que Salvatore Pizzeria ait déménagé en face vers 1966, à l'époque de cette photo. On voit d'ailleurs l'annonce de Salvatore à côté du garage J.W. Morin, concessionnaire des autos GM à droite de la photo. Encore plus loin à droite, on voit l'annonce Esso qui était devant le garage Drouin (Aurèle) et Frère, avant qu'il déménage au coin de la 90e rue et du boulevard Lacroix vers 1980. Les plus âgés l'ont connu et les plus jeunes en ont entendu parler: le fameux Café Paris de la 2e avenue. Il fut fondé en 1930 par M. Louis Drouin qui l'a opéré pendant plusieurs années. Après environ 15 ans, M. Drouin a vendu son restaurant à son beau-frère Rosaire Morin, alias «Pit La Jambe», qui l'a exploité à son tour pendant plusieurs années. Il résidait dans la section droite (côté nord) de l'immeuble. Il a conservé la propriété de cet immeuble jusqu'à son décès, survenu le 1er janvier 2001, mais entretemps, il a loué le restaurant à divers opérateurs. En 1954, ce sont Mlles Fernande et Huguette Giroux qui ont eu ce restaurant pendant quelques années. Mais le plus connu des opérateurs fut M. Guy Bernard (qui louait de Rosaire Morin) dans les années '60. M. Bernard servait de la cuisine excellente et très variée, à prix raisonnable. Le poulet BBQ. le smoke-meat et le spaghetti étaient délicieux. C'était à l'époque le rendez-vous des jeunes après la soirée. Les clients préféraient les banquettes rondes près des vitrines. Il y avait sur chaque table un petit juke-box avec la liste de tous les disques qu'on pouvait faire jouer après y avoir inséré la pièce de monnaie requise. Le coût d'une sélection était de 5c dans les années '50, augmenté à 25c pour 3 sélections dans les années '60. La majorité des baby-boomers actuels ont fréquenté cet établissement si populaire dans leur jeunesse, beaucoup s'y rendaient en fin de soirée, venant du Manoir ou du Morency. De la première avenue, on pouvait y accéder par un petit sentier pédestre passant entre l'ancien bureau de poste et le restaurant Chez Francine, sentier qui devenait casse-cou avec ses marches de béton délabrées rendu à la hauteur du café Paris. Le gros feu de la 2e avenue, en juillet 1965, a failli le détruire mais heureusement le vent a tourné et le pompiers ont réussi à maitriser l'incendie, de sorte que l'établissement a pu continuer. Un autre opérateur a été M. Jean D'Arc Vachon (avec sa conjointe Réjeanne Champagne) au tournant des années '70. Il fut vendu vers 1973 à des asiatiques qui ont changé le nom pour le New Dragon qui offrait un buffet chinois. Il a fermé en 1999. Le bâtiment fut ensuite démoli dans l'avant-midi du mercredi 21 novembre 2001 et aujourd'hui, c'est un terrain vacant. Un souvenir qui rend mélancoliques ceux qui l'ont fréquenté autrefois. Photo du fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.