Société Historique Sartigan
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dimanche 08:00

Le camp trois couleurs de Lorenzo Boucher Quand les gens qui s'en souviennent parlent de cet établissement, plusieurs l'appellent le MOTEL TROIS COULEURS, mais à l'origine, son propriétaire l'a appelé le CAMP TROIS COULEURS. On devine qu'il a choisi ce nom en référence aux trois couleurs dont il était peint: blanc, bleu et orange. La teinte dominante était celle de la toiture, l'orange, comme on le constate à sa photo (photo 1), tirée d'une carte postale que son propriétaire J-Lorenzo Boucher avait fait imprimer et distribuait à ses clients pour s'en servir comme publicité. Au bas de ces cartes postales, le nom était bien indiqué: Camp Trois Couleurs. Il précisait aussi être situé à 70 miles de la ville de Québec et à 40 miles de Jackman Maine. En fait, M. Boucher était un homme d'affaire avisé qui a touché plusieurs domaines au cours de sa vie. Dans l'annuaire de St-Côme de 1934, il se déclarait restaurateur. Il était avant-gardiste et, dans les années '30, il avait flairé que l'industrie touristique s'en venait dans notre région et que de nombreux touristes emprunteraient la route 23 (route Jackman-Québec) et passeraient dans la Beauce pour se rendre à Québec et visiter la province. Il savait que les américains de cette époque aimaient le style de cabines en bois rond individuelles et c'est pourquoi il construisit de telles habitations colorées, dont le texte au bas de ses cartes postales précisait même qu'elles étaient chauffées à la vapeur. Il fit même imprimer un autre set de cartes postales en y ajoutant, de l'autre côté de la route sur l'image, le poste de douanes, pour attirer l'attention de ceux qui les verraient sur le fait que son établissement était situé non loin des douanes canadiennes et américaines, quoiqu'il n'était pas aussi rapproché que cette carte postale le laisse croire (photo 2). Ses cabines (qu'il publicisait sous le nom de «Camp») étaient situées à 2 miles de Saint-Georges, à droite quand on sortait de la ville en direction sud, vers Saint-Côme, juste après la courbe Donovan. L'endroit était connu sous le nom de «La Tonne», site très commode qui était doté d'un genre de réservoir d'eau pour mettre dans les radiateurs de voitures de l'époque. Plus tard, M. Boucher s'est construit une imposante résidence dans le secteur de ses cabines et a aussi exploité un garage (Garage Impérial) situé sur la 2e avenue à l'entrée de Saint-Georges Est, comme le précise une publicité parue dans le journal L'Éclaireur du 23 mars 1944 (photo 3). Par la suite il est devenu un prospère entrepreneur faisant l'asphalte sur les routes, domaine dans lequel il a le plus longtemps oeuvré. Il possédait un plan d'asphalte à Saint-Georges et un autre à Vallée-Jonction en plus d'un concasseur de pierres à Charlesbourg. Il est décédé le 5 juin 1969, à l'âge de 59 ans (photo 4). Après son décès, sa grosse résidence a changé de mains à quelques reprises et elle est devenue un hôtel qui a appartenu entre autres à Mme Rose Tawel. Cette bâtisse fut finalement détruite par un gros incendie le 8 juillet 1996, alors qu'elle était un bar ayant pour nom le «Panthéra». Photos 1 et 2 tirées de cartes postales. Photo 3 du fonds Éclaireur. Texte et recherches de Pierre Morin