Quand la 120e rue était achalandée
Quand on se remémore le centre-ville à l'époque de son apogée, au siècle dernier, on pense généralement à la 1re avenue dans les années '50, '60 et '70. Il est vrai que ce fut une belle époque, mais on ne doit pas oublier la 120e rue (qui s'appelait autrefois la rue Saint-Antoine), qui fut également une artère mémorable. Le trafic y était intense, c'était alors la principale voie Est-Ouest à Saint-Georges, la route 24 (aujourd'hui route 204), celle utilisée par tous ceux qui avaient à se rendre dans les municipalités voisines vers l'Est, comme Saint-Prosper, Saint-Benjamen, Lac-Etchemin et toutes les autres de ce secteur. Le premier feu de circulation à Saint-Georges fut installé à l'intersection de cette rue et de la 1re avenue en 1949, et au coin de la 2e avenue dans les années '50.
Les deux premières photos (vers 1960) démontrent que le trafic y fut autrefois intense. Sur la photo 1, la circulation était alors permise dans les deux sens. Et remarquez au fond, l'annonce de l'imprimerie Novalux, qui a fait ses débuts dans l'édifice en briques de A.S. Paquet, à l'intersection de la 2e avenue. Les marchands participaient à la vente de trottoir pendant laquelle les automobiles étaient limitées, pour permettre une clientèle piétonnière plus abondante (photo 2). Au fil des ans, des commerces importants se sont succédés de chaque côté, comme la Banque Canadienne Nationale d'un bord et la Papeterie Saint-Georges sur l'autre coin, comme le révèle la photo 3. Et Veilleux Fleuriste et le Studio de photos Gilbert Gamache (photo 4). On voit encore mieux le studio Gamache à la photo 5, en 1959, il était alors au numéro 5 de la 120e rue. Il y eut le salon de barbier Labbé et plus haut, celui d'Eugène Couture. Puis les magasins de vêtements pour dames Chez Julienne, plus tard Magali, le comptoir de commandes de Simpsons-Sears, le marchand de machines à coudre Necchi de J.Émery Mathieu, l'atelier de soudure d'Albert Veilleux «la Meule», la ferronnerie Poulin et Grondin et le poste de radio CKRB. À l'étage supérieur de Poulin et Grondin, des bureaux de professionnels.
Rendu à la 2e avenue, il y avait à gauche la pharmacie Poliquin et à droite le poste de radio CKRB. Après que CKRB soit déménagé ailleurs, certains commerces ont occupé leur ancien immeuble, notamment à l'étage supérieur «Le Spot», qu'on voit la photo 6. Ce magasin n'a pas duré longtemps. Et sur l'autre coin de rue, dans l'édifice A.S. Paquet, il y a eu aussi différents commerces, dont le magasin Chez Thérèse Chaussures, un restaurant et un magasin de vente de tissu (photo 7, de 1959). Aujourd'hui, cet immeuble est vraiment délabré et son avenir ne semble pas très prometteur.
À Saint-Georges comme partout ailleurs, les années passent et la ville évolue. De nouveaux commerces apparaissent continuellement et vont s'installer dans des quartiers plus récents, dans de beaux édifices modernes et mieux adaptés aux goûts de la clientèle. De plus, un autre inconvénient qui incite à s'éloigner des anciens édifices est la pénurie de stationnements dans les quartiers plus anciens. Il n'y a personne à blâmer à ce sujet, c'est un phénomène universel.
Photos 1, 2, 3 et 6 du fonds Éclaireur-Progrès. Photos 4, 5 et 7 du fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.